Il y a une semaine, The Guardian hissait Goran Tomasevic au rang de photographe de l’année 2013. Ce nom ne vous dit peut-être rien mais il est de ces photographes qui transcendent les cultures, la peur et parfois même la mort pour donner aux yeux des pays libres l’horizon d’un monde dévasté. Photographe engagé diront certains. Goran Tomasevic s’attache juste à traduire l’esprit et l’actualités de sociétés en difficultés. Au delà du fait de dénoncer, si facile et courant aujourd’hui, il nous renseigne. Des images prisent sur l’instant décisif. Un civil transporte un ami décédé; un jeune homme vérifie le contenu d’un char; un soldat agite un mannequin comme appât à snipers; un citoyen se recueille entre ruines et poussières. Il était une Pub ne résiste pas à vous faire découvrir certains de ses clichés le plus poignants. Attention, émotions.

 

grenade_rebelsUn combattant de l’ASL lance une grenade à l’intérieur d’une base militaire gouvernementale à Damas. 3 février 2013. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

fire_tomasevicDes hommes appartenant à la brigade Tahrir al Cham de l’ASL répliquent à des tirs gouvernementaux lors de violents combats dans le quartier de Mleha , à Damas. 26 janvier 2013. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

salon_tomasevicUn sniper de l’ASL tire à partir du salon d’un appartement d’Alep qui était encore il y a peu une position de l’armée régulière. Pour conquérir la place, les combattants de l’ASL on tué trois soldats gouvernementaux dont on peut voir les traces de sang sur le sol. 14 août 2012. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

kid_AKUn enfant joue avec une AK-47 à Alep. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

appat_tomasevicUn membre de l’ASL tente de repérer des snipers en agitant un mannequin dans l’ouverture d’un mur lors de combats pour le contrôle de la base militaire d’Irbin, à Damas. 3 février 2013. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

dust_ruinsUn homme devant un immeuble abandonné et incendié lors d’un raid de l’aviation gouvernementale dans le quartier d’Ain Tarma, à Damas. 27 janvier 2013. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

frog_tomasevicLes combattants rebelles se mettent à l’abri face à un canon anti-aérien lors d’une frappe à Ras Lanouf. 7 mars 2011. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

Orthodox_ChristianUn chrétien orthodoxe se promène dans les célèbres églises monolithiques lors d’une célébration du Vendredi Saint à Lalibela, en Ethiopie. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

Goran Tomasevic est né à Belgrade en 1969. Il obtient ses lettres de noblesse durant la guerre du Kosovo. Il a couvert des événements où souvent, le seul objectif était le sien. Il s’accroche aux points chauds comme ce 9 avril 2003 où la statue de Saddam Hussein s’affaisse sous les cris des opposants. Le cliché devenu célèbre s’imprime sur toutes les Unes du monde. Mais Tomasevic garde la tête froide. Il s’enfonce en Egypte, Israël, Congo, Libye, Mozambique, Cachemire etc. Bref, un profil libre et courageux que l’on craint de voir un jour affiché sur les façades de l’Hotel de Ville de Paris.

 

saddam_tomasevicLa chute de la statue de Saddam Hussein. 9 avril 2003. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

Toutefois, le reporter passe quelques moments légers comme lors des Jeux Olympiques de Sydney en 2000. Goran Tomasevic sait faire la mise au point sur la guerre, la désolation, le chagrin comme sur la joie ou le sport. C’est peut-être cela qui en fait un des journalistes les plus prisés aujourd’hui.

Membre de la Ô combien célèbre agence Reuters, il en devient photographe de l’année en 2003, 2005 et 2011. Il est aussi sacré par  le prix d’excellence du SOPA Award, puis lauréat de China International Press Photo. Un artiste – car c’est aussi cela – qui fait l’unanimité. Le nouveau prix décerné par The Guardian est relatif à son immense travail accompli cette année lors du conflit Syrien ou encore durant l’attaque du Westgate. Ce centre commercial de Nairobi avait été attaqué par les islamistes de al-Shabaab qui exécutèrent 68 personnes. Les terroristes, eux, revendiquaient 137 otages tués. Durant l’opération, Goran Tomasevic était entré. Il en a rapporté des clichés d’une rare intensité.

filette_centreUne fillette court vers les policiers armés qui ont pénétré dans le centre commercial Westgate de Nairobi, au cœur de la fusillade. 21 septembre 2013. © (REUTERS/TOMASEVIC)

 

Artiste, reporter, photographe, héros. Le Serbe avait était invité par le Festival Visa pour l’Image en septembre 2013. Cette cérémonie remarquable (équivalent des Oscars pour photojournalistes) exposait ses photos les plus puissantes du conflit Syrien.

 

Photo de couverture : Les rebelles détiennent et menacent un jeune homme qu’ils accusent d’être un loyaliste à Mouammar Kadhafi, entre les villes de Brega et Ras Lanouf. 3 mars 2011. © (REUTERS/TOMASEVIC)