Associer le plaisir et le produit est une, sinon la seule, ligne directrice d’une publicité qui veut vendre un bien. Bien qu’évident, le concept n’en reste pas moins difficile à traiter et, avec les excellences solennelles et tout le tintouin qui va avec, l’agence Australie passe allègrement le test.

 

 

 

Entre se faire du bien et se faire du mal, l’essentiel est de savoir qui reste le moins cher et libre au consommateur, masochiste ou au pingre, de faire le choix qui lui revient de droit entre cravache-cuir-taille 8-un peu plus fort je te prie, et le coussin moelleux.

Ici Leclerc fait péter les magnolias et se démarque une fois de plus de ses concurrents en créant non pas une publicité comparative, mais un spot sur ses comparateurs de prix : la borne en magasin et l’application mobile Qui est le moins cher

Avec un visuel pêchu à la silhouette dynamique, l’agence Australie nous donne un peu d’humour qu’il est bon de grappiller en temps de crise. L’axe publicitaire est traité de façon très littéral ce qui ne l’empêche pas de trouver sa place dans le panel restreint des publicités drôles et, paradoxalement, finement grasses.

Dans l’inventaire non exhaustif des publicités merdiques, il y en a qui se posent là. Mais ce n’est pas le cas ici. Alors, bien entendu, la périssable Mireille, hermétique au second degré, s’offusquera de nos protagonistes en cuir-moustache-fouette-fort-merci et préférera l’anorexique mannequin taille douze ans qui copule devant la caméra avec de la ventrèche de Montargis pour vendre une choucroute pouce vert.

J’aimerais profiter de l’inconsciente liberté qui m’est offerte ici pour présenter mes excuses à toutes les ventrèches que j’aurais pu blesser à l’occasion de ma puérile et infondée critique. En bref, ici il n’est pas question de s’engluer dans le mazout du cliché mais de profiter d’une réalisation finement menée.

 

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Et vous, plutôt massage ou cravache ?