Burger King annonce bruyamment l’arrivée triomphale de la frite moins grasse. Estimable révolution dans le secteur junk food qui souffre d’une réputation négative chez nos amis gloutons de tofu Bio au gingembre.

40% moins grasse, 30% moins calorique (270 calories contre 340 pour la frite traditionnelle), 20% plus chère, la « satisfries » naît. C’est l’agence Mother New York qui a la patate et qui s’y colle. La recette du spot ? 33,3% d’hyperbole, 33,3% d’ironie et 33,3% de répétition pour un film plutôt light et blafard. À consommer, tout de même, sauce ironie.

 

 

Le spot débute par une pluie de frites au teint doré et explosif, à la courbe sensuelle et torsadée, un festival de la patate qui se conclut sur une orgie gastronomique. Pas de doute, elle est bien vendue la frite, en slow motion, on y croirait presque. Mais cette manipulation ne trompe personne. Pour tous ceux qui ont l’habitude de saisir le paquet de frites de la main gauche pour le renverser dans la boite du hamburger, on sait que le résultat n’est pas parfaitement identique, et le final ressemble davantage à un amas léthargico-pathétique de frites molles qu’à l’averse somptueuse de la patate folle. Musique solennelle, voix grave et posée, préparez-vous, on nous envoie la purée.

Ironiser sur les clichés est une idée respectable, mais à trop vouloir caricaturer on perd en force dans le message, aussi clair soit-il. Avec la frite Burger King, vous pouvez être heureux avec une belle famille le dimanche au parc, vous pouvez galocher du mammifère physiquement régulier dans un fast food, vous pouvez devenir un héros qui mange en slow motion sous de l’eau et vous pouvez aussi conduire une décapotable avant de faire un burn parce que c’est trop swagg de changer ses pneus trois fois par mois.

On nous fait un concentré de CSP, une sorte de melting-pot de la cible et le défi est de toutes les caler en 30 secondes. Et puis, pour être bien certain que ça fonctionne, on adopte la technique Boursin, la publicité mécaniste, qui consiste à répéter massivement le nom de la marque (« satisfries » bombardé sept fois en trente secondes, de quoi s’escagasser le neuronne).

Pour conclure, il est dommage que la surabondance d’ironie vienne noyer un esthétisme pêchu et cocasse à la taquinerie indisciplinée. Outre un spot plutôt mitigé, le problème ne viendrait-il pas du produit en lui même ? Il est rare qu’un consommateur au régime se rende dans un fast food, c’est un peu comme si Michael Jackson passait le BAFA. Et puis, finalement, une frite sans gras et sans calorie, c’est un coton-tige avec du sel.

 

Petit détour sur d’autres publicités pour se remonter le moral :

 

Burger-King

 

 

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Et comme on n’a jamais fini d’élargir sa culture générale de la patate, voici la frite en quelques chiffres :

 

 

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Et vous, êtes-vous satisfried ?