Flashé en excès de créa, MINI revient avec son nouveau spot de l’agence milanaise BCUBE avec, aux commandes, Matteo Fabo en direction artistique et Gianluca Sales pour la conception-rédaction.

Le client est roi, donc « venez quand vous voulez mais n’exagérez pas ». Nous est introduit le cliché du brise-génitoires moyen à la protubérance cérébro-joufflue face au calme mécanicien qui répond patiemment aux requêtes de son client.

MINI c’est quoi ? C’est de la petite voiture solide aux nerfs vifs, à l’allure cambrée mais pas féminine, aux formes douces et solides. Et pour la représenter, il fallait une agence à la hauteur de la bestiole. C’est l’agence italienne qui s’y colle et les italiens, quand il faut en faire des tonnes, ils ne sont pas dépaysés. Mais n’est-ce pas dangereux de demander à un italien de vanter les mérites d’une voiture ? Non parce qu’un italien qui parle de conduite, c’est un peu La Fouine qui propose une analyse littéraire sur la Curée de Zola, ou Zahia qui paraderait en Louboutin dans un couvent pour faire l’éloge du don de soi à la divinité, il y a comme un problème dans l’énoncé, une dreadlock dans le potage Liebig.

 

 

Allez on tartine de clichés chez les créas de MINI, on danse avec les stéréotypes et on fait frétiller l’archétype de l’italien lambda. On est servi, notre italien moyen arrive chez le concessionnaire en gesticulant de la patte, en parlant fort, les cheveux gominés, la posture fière et solidement ancrée sur ses convictions. Il se rend d’un pas certain chez son concessionnaire MINI et s’adresse à un technicien haut gradé. Comment on le sait ? C’est simple, il s’agit du seul mécanicien qui est bien rasé, sans tâche d’huile et qui a toujours le sourire. Ledit technicien supérieur du boulon, le maestro de la clé à molette, le Michel-Ange de la réparation automobile répond donc aux questionnements absurdes de son client qui, jour après jour, revient avec un problème imaginaire plus important que la veille.

Le lundi ce sont les pneus qui ont un problème, ils tournent. Le mardi, quand il allume l’autoradio, il y a quelqu’un qui parle. Le mercredi il y a d’autres véhicules dans le rétroviseur lorsqu’il conduit. Le jeudi le lave-glace perd de l’eau. Le vendredi, il s’agit de la vitre qui disparaît mystérieusement, et qui réapparait. Et le samedi, ce sont les clignotants qui clignotent.

Autant de situations pour chaque jour de la semaine durant lesquels le service MINI répond avec patience à l’hystérie bramante de ses précieux clients.

La marque opte clairement pour un ton décalé avec l’espièglerie friponne de notre transalpin qui nous titille les surrénales. Malgré l’absurde, le spot en deviendrait presque léger avec un comique de répétition et un plan média qui colle assez bien à l’image de la MINI : efficace mais pas révolutionnaire. En somme MINI a le talent de s’adresser à toutes les CSP sans cannibaliser un marché de l’automobile en clair déclin.

Ne vous inquiétez pas, nous sommes encore loin de l’essoufflement publicitaire chez la marque qui, souvenez-vous, avait lancé un appel à la création publicitaire auprès de ses fans. Une belle leçon de Marketing interactif pour des clients hyper-informés en permanence connectés. En voici les succincts rappels

 

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