La télé-réalité s’est installée sur les petits écrans français pour la première fois en 2001 avec le premier opus de Loft Story. Alors que le remake frenchy de l’émission néerlandaise Big Brother venait de lancer la vague de la « télé-poubelle », Jean Edouard pelotait la Loana pulpeuse de l’époque dans une piscine devant des milliers de téléspectateurs.  Plus de dix années plus tard, les nouvelles émissions de télé-réalité française peinent à trouver de nouveaux moyens d’expansions…

Outre-Atlantique, c’est le reality show SummerBreak qui a apporté l’innovation en devenant la première télé-réalité produite et diffusée uniquement sur les plateformes sociales : Twitter, Instagram, Youtube et Tumblr. Oubliez la scénarisation et les crises dues aux hors-contextualisations de montages, dans cette télé-réalité rien n’a été préparé à l’avance et la vidéo n’est pas le format roi de ce nouveau concept.

Au centre du dispositif, le compte Twitter @SummerBreak joue le rôle de présentateur et agrégateur de tout le contenu produit et en rapport avec l’émission.  Les 9 jeunes vacanciers et participants au programme ont eux même un compte Twitter où ils partagent leurs ressentis avec leurs internautes.  Supposé addictif aux vues de la fougue des jeunes twittos américain, le concept  est assez surprenant et permet une immersion du personnage dans la vie du fan (ou de la groupie). Le rapprochement entre le participant et son fan est réellement intéressant pour la viralité du programme notamment grâce aux interactions directes qu’ils peuvent avoir entre eux.

Développée par AT*T, BBDO et le Groupe Chernin, le reality show SummerBreak a une vraie plus value sur les réseaux sociaux à partir du moment où le participant n’est pas bridé et quand il peut s’exprimer librement. Comme le déclare Billy Parks, l’un des producteurs de cette web-réalité: « Aujourd’hui, les jeunes sont des maîtres du storytelling vu la manière dont ils façonnent et partagent leur vie de tous les jours sur les réseaux.»  En ajoutant à cela les codes de la télé-réalité dite « classique »,  chaque protagoniste peut être suivi en temps réel 24/7 afin de découvrir leurs histoires d’amour, engueulades, délires ou ruptures. Seul différence, ils le font via leurs propres photos filtrées Instagram, des confessions devant les caméras de la production immédiatement mises sur Youtube et des déclarations de 140 caractères de la réponse au fan au trashtalk sur d’autres candidats.

Peut être que ce genre d’innovation inspirera Endemol (Secret Story), La Grosse Equipe (Les Anges), Banijay (Les Marseillais) pour  débusquer un nouveau format d’émission viable non seulement en terme d’audience mais aussi financièrement.