Il y a des campagnes dont on ne sait pas si elles sont faites pour plaire au petit milieu créatif ou pour etre vraiment en phase avec une stratégie cohérente.

Bugles est un Doritos-like canadien et bénéficie d’une bonne notoriété dans ce pays. Alors une question se pose : pourquoi aller dans le « weirdness » quand on se veut fun et jeune ?

La mode hipster n’est sans doute pas pour rien dans ce nouvel esprit créatif mais passons. Cette campagne est un exemple typique de laisser aller créatif en roues libres, quand on joue avec le produit, avec de mauvais plans, de mauvais acteurs et un saut créatif au rabais se voulant à contre-courant, on se retrouve forcément avec un OVNI publicitaire. Et dans notre cas, il est de mauvaise facture. Pourquoi faire de l’humour désabusé allié à un 70’s look passé de mode ? En essayant de reproduire les codes actuels du revival vintage, on a parfois de bonnes surprises, mais on peut également sombrer dans une mauvaise caricature.

Résumons le naufrage créatif de cette campagne : Deux jeunes loosers typés époque golden age jouent ensemble avec des Bugles (gâteaux apéritif coniques) sans jamais les manger, ou donner envie de le faire. Première erreur. En plus de jouer avec, ils tournent le produit dans une inutilité frappante. Seconde erreur. Enfin, l’esprit, la musique et le ton de la voix-off sont juste affligeants de platitude. Dernière erreur.

Et pourquoi placer un roux de la même couleur du paquet ? Un gimmick mal dosé et peu ragoutant qui ne servira pas la marque. L’agence Cossette nous a pourtant habitué à bien mieux.

Pour terminer, la stratégie, s’il y en a une, est horriblement caduque. Il est inconcevable de conceptualiser des « insights » crédibles sur ce genre de création. Un pétard mouillé en somme, qui manque cruellement de croustillant. Dommage.

Regardons l’ampleur du désastre.