Aujourd’hui, c’est la fin du monde mais rien n’a changé. Les discussions dans le métro restent monotones, Twitter se noie sous une avalanche de prédictions et de blagues graveleuses dignes d’un Dany Boon cocaïné : non décidemment, aujourd’hui rien n’a changé.

Voilà des mois déjà que tout le monde en parle, les créatifs en usant l’idée parfois comme BDM*, et en déclinant inlassablement le thème au gré des envies et des produits. Mais au fond, comment croire en la fin du monde alors que Jacques Séguéla vient de renouveler son abonnement Premium à son centre de bronzage ?

L’idéal serait que le monde saute, explose littéralement, emportant en son souffle tous les temples et les cathédrales que nous avons monté depuis des années: tous ces supermarchés, ces boutiques s’effondrant sans retenue, tous ces panneaux, ces affichages, plus rien, rien que du vide, du silence. Le tout sans retouche Photoshop, nul filtre Instagram, pas d’hashtag alarmant et désuet, une apocalypse à l’esthétique parfaite, une apocalypse sans brief préalable.

Fini alors les stages sur-espérés et sous-payés, fini les créatifs, les commerciaux, les CR, DC, DA, PDG, les PPM et PPT, plus jamais de brand-content et de CRM, plus de brainstorming interminable, d’insight et de storytelling, du silence je te dis, du silence. Mais hélas, dans ce triste monde, le calendrier Maurice Levy a souvent bien plus d’importance qu’un calendrier maya.

Non l’ami, rien n’a changé, les Powerpoint se suivent et se ressemblent, se rapprochant souvent plus du T-shirt Desigual que de la réelle présentation. Inquiets, beaucoup ont voulu partir prématurément, voire même mettre fin à leurs jours : Cuisinella, hélas, a réussi sa tentative la semaine dernière. Mais au fond comment croire en un événement que même Stratégies et CB News n’auraient pas pris le soin de consigner dans leurs agendas ? Non décidemment, si la fin du monde est un event de street-marketing, il sera réalisé par la RATP.

Alors si j’en venais à me tromper, qu’en ce vendredi 21 Décembre 2012 la Terre disparaisse réellement, j’espère sincèrement qu’une marque aura le discernement de faire du placement produit sur cette dernière scène de l’humanité.

Mais au fond, comment croire en la fin du monde alors que lundi à 9h, les réunions clients recommencent ? Un client ça n’attend pas, fin du monde ou pas. Et ça, vous le savez très bien.

 

Agréable non-fin du monde,

 

Bien à vous,

 

 

*BDM = Bouse de Dernière Minute