Hashtag, ta fin est proche.

Hashtag, ta fin est proche.

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Il est apparu dès 2007, voire 2006 selon certaines légendes. De sa définition exacte, c’est un marqueur de métadonnées. On a tenté de le débaptiser pour le renommer mot-dièse, mais vous le connaissez tous sous le nom de hashtag. Aujourd’hui, ce petit signe typographique que vous voyiez déjà sur les téléphones PTT de vos parents est devenu incontournable. Longtemps cantonné à un usage sur les internets et principalement sur Twitter, on le retrouve aujourd’hui partout, de l’affiche publicitaire à votre émission de télévision préférée et même dans le dictionnaire.
Hashtag

Retour sur un success story qui devient insupportable.

Nous sommes au début des années 2000 et Twitter fait son apparition. Assez confidentiel au début, cette plateforme fait le fruit de plusieurs initiatives de la part des utilisateurs.
L’une d’entre elles est d’utiliser le # pour centraliser les messages autour de thématiques précises. On obtient ainsi un mot-clé qui permet de regrouper des utilisateurs autour d’un même sujet de conversation afin de le commenter plus facilement.Le hashtag originel était donc né.
Parti d’un bon sentiment, ce système a été victime de son succès.
Mis en lumière avec la démocratisation de Twitter et notamment lors de deux événements marquants pour le réseau social : l’affaire DSK et les élections présidentielles de 2012.

#DSK

Lors de ces événements, Twitter est devenu un moyen de communication et d’information de plus en plus consulté. Pratique pour les journalistes tout comme pour les internautes, le hashtag venait de sortir de l’ombre.
A partir de là, le hashtag est devenu un moyen de communication à part entière. Par le biais du développement de la Social TV et du second écran, des émissions comme l’Amour est dans le Pré ou encore The Voice en ont usé et abusé pour chercher encore plus d’engagement de la part des téléspectateurs.
Les marques ont toutes créé des hashtag pour promouvoir leurs produits ou leurs services dans l’espoir de se démarquer et d’être plus visibles.

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Et c’est là qu’est apparue la première limite. Là où le # devait sa popularité et son succès au fait qu’il ait été inventé par les twittos, il est devenu le symbole de la tentative de récupération des grandes entreprises. Il était devenu mainstream. Le mot est jeté, et il fait mal.

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Alors le hashtag est-il mort le jour où il s’est démocratisé ? La réponse est non.
Le hashtag a t’il alors un bel avenir de lui maintenant qu’il est populaire et mainstream ? A cette question, je réponds sûrement pas et je vous encourage à le tuer.

Pourquoi tant de haine ?

1/ Le hashtag est inutile

Personne ne connaît vraiment l’influence du hashtag sur Twitter. Beaucoup de gens l’utilisent, peu de gens effectuent des recherches par hashtag, excepté sur des miro-sujets. En effet, essayez de faire une recherche par # le soir de la finale de The Voice ou de la dernière émission de l’Amour est dans le Pré, vous verrez vite que vous êtes noyés sous le flot d’informations que vous recevez. Par ailleurs, votre tweet, tout aussi spirituel qu’il soit sera noyé dans la masse également et ne sera pas highlighté comme vous auriez aimé.

2/ Le hashtag est un effet de mode

Le hashtag dans son utilité actuelle n’a plus rien d’intéressant en terme de communication. Là où avant il pouvait servir à faire émerger un produit, une initiative, il est aujourd’hui un gadget que l’on se sent obligé de mettre pour ne pas avoir l’air has been. Une ligne de plus dans les recommandations digitales de certaines agences pour des clients qui ne comprennent pas vraiment de quoi il s’agit. Pire que ça, il peut servir à alimenter des bad buzz ou encore des situations plus que limites notamment dans le cas des derniers scandales visant la communauté gay ou les juifs.

3/ Le hashtag est laid

Prenez un tweet qui pourrait s’avérer intéressant. Ajoutez lui 4 hashtags. Vous verrez que vous n’y comprendrez plus rien et que vous n’y verrez plus rien. Là où le hashtag pouvait avoir une fonction secondaire, à savoir mettre un avant un mot clé, il est là aussi victime de son succès et nous arrivons à des tweets qui ne sont que des successions de hashtags et qui ne servent plus à rien.

Ce phénomène s’observe principalement sur 2 catégories de twittos :

1)     Les hommes politiques à qui on a dit que le # leur permettrait de se démarquer sur un sujet

2)     Les groupies de groupes tels que One Direction

Après les smileys, rendus ringards par l’utilisation intensive faite par les ados, après les QR Codes qui ont fleuri partout en 2010/2012 et notamment dans les endroits les plus imbéciles http://wtfqrcodes.com/, le hashtag est cette nouvelle invention à la mode, ce système un peu hype, un peu branché qui permet aux annonceurs et aux agences de se croire experts digitaux et surtout de se donner bonne conscience.

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Mais tout est vraiment à jeter ?

Une révolution a eu lieu en juin dernier lorsque Facebook est arrivé sur le terrain du #.
Lié à son graph search, le hashtag permet de connaître encore mieux les consommateurs et par conséquent de les cibler parfaitement. Une nouvelle ère de la communication s’ouvrait.
Mais tout n’est pas si rose. En effet, les annonceurs actifs sur Twitter savent déjà très bien à quel point un # peut être détourné ou parasité par des trolls. En effet, le # ne peut pas être acheté par une marque et le flou juridique de la toile permet à des concurrents ou des trolls de venir se greffer sur un # pour le pourrir gentiment.
Par ailleurs, le hashtag est par nature difficilement mesurable et quantifiable. Ce qui représente un problème non négligeable pour des entreprises qui cherchent à mesurer leur ROI de façon précise.
Inutile, peu performant, soit mais peu gênant sur Twitter ou Facebook, le hashtag devient tout bonnement insupportable lorsqu’il est utilisé pour promouvoir des produits ailleurs que sur ces deux réseaux sociaux.

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En vrac ? Des catalogues de grande surface, un clip de pop, une affiche de film… STOP !

Le hashtag n’a rien à faire sur ces supports. Il est devenu un gadget, un tic, que dis-je une obsession et à partir de là il est déjà mort.
Lorsque l’utilité première d’une invention se dissout dans une multitude de déclinaisons inutiles on atteint un point de non-retour. Phénomène technologie du début des années 2000, le hashtag est devenu un phénomène de mode mainstream et terriblement irritant.
Preuve en est, la dernière vidéo de Justin Timberlake qui met en avant les situations souvent ridicules provoquées par les hashtag.

Alors comme en parlait déjà Agathe Auproux (@agaterie) en juin, dans un article paru sur Les Inrocks, tout indique que le hashtag est promis à disparaître.

Utilisé par tous, il n’est déjà plus à la mode et son utilisation insensée et incontrôlée le plongera tout ou tard dans le musée des créatures oubliées du net. Juste à côté du QR code, j’en suis sûr.